Et si nous réalisions de "vraies" transformations organisationnelles ?

Cet article a été publié à l’origine en allemand : ici

Image générée par l’IA (“prompt” inséré dans Midjourney : Machines se transformant en organismes vivants, numérique réaliste — 16:9)

Pourquoi “vraies” ? Existe-t-il de “fausses” transformations organisationnelles ? Je pense que oui. Mais je suis conscient qu’il s’agit là d’un jugement de valeur important.

Sur la base de mon travail d’inspiration et de conseil, j’ai rassemblé ici trois points de vue sur les “fausses” transformations. Je décris les situations et les problèmes que je rencontre souvent, puis je donne quelques conseils concrets pour y remédier.

Étant donné que les perspectives se chevauchent, il est utile d’examiner également les expériences et les conclusions des “autres” points de vue.

Les souhaits du conseil d'administration / de la direction

La situation

Je rencontre ici le conseil d’administration / la direction (ou d’autres organes de décision) qui souhaitent une organisation moderne. Lors de l’introduction de nouveaux concepts (focalisation sur la raison d’être, organisation autonome, utilisation des rôles, décisions par consentement, réunions en équivalence, transparence, etc. ), j’entends des déclarations telles que “nous faisons déjà beaucoup de ces choses”, “nous avons également des hiérarchies plates”, “nous déployons également la subsidiarité”, “nous pensons également en termes de rôles”, “nos portes sont toujours ouvertes”, “nos employés sont autorisés à décider eux-mêmes de beaucoup de choses”, “nous avons déjà Scrum/SAFe (vous pouvez mentionner n’importe quelle technique de travail ici, pas un modèle d’organisation)” et bien sûr certains des mythes sur les gouvernances partagées (tels que le fait de choisir soi-même ses activités). Et bien qu’ils fassent déjà “presque” tout ce qu’il faut, il n’y a pas d’organisation autonome avec une responsabilisation décentralisée et l’effet de la transformation laisse beaucoup à désirer. En particulier en ce qui concerne la décentralisation des responsabilités, le désespoir n’est souvent pas loin.

“Les employés ne prennent tout simplement pas leurs responsabilités et nous devons intervenir partout”.

En y regardant de plus près, on s’aperçoit très vite que non seulement les acceptions de ces concepts modernes d’organisation sont très différentes, mais aussi que l’intention est souvent bonne, alors que leur mise en œuvre concrète fait défaut.

Image générée par l’IA (prompt Midjourney correspondant : Direction Générale de la Responsabilité des Collaborateurs, mode abstrait surréaliste — 16:9)

Bien sûr, il n’y a pas de remède miracle, car les contextes et les histoires de transformation sont souvent très différents. Et il est déjà formidable que les équipes se penchent sérieusement sur ces questions – disons-le ! Alors, qu’est-ce qui pourrait les aider ?

Conseils

  • Tout d’abord, tentez de comprendre les concepts plus précisément et comparez-les à la réalité, en ne disant pas immédiatement ” nous faisons cela aussi “. Il est également utile de vérifier auprès de l’équipe de direction/décisionnaire quelle est la compréhension de ces concepts. Vous serez surpris de constater que les individus ont souvent des idées très différentes.
  • Identifiez les éléments qui fonctionnent déjà bien (vous pouvez être fier des mesures que vous avez prises !) et, pour les aspects qui sont encore insatisfaisants, comprenez quels concepts concrets pourraient aider à atteindre la situation souhaitée. Il est nécessaire de rendre les souhaits d’évolution très concrets avec des mesures/changements spécifiques. De la volonté à l’action..
  • Lors d’ateliers avec la direction, je constate souvent que l’objectif de la transformation n’est pas clair. Il y a des souhaits dans la salle, mais il n’y a pas d’objectif commun clair. Je recommande vivement de se mettre d’accord sur cet objectif commun, car c’est sur lui que repose toute la transformation. La question simple mais profonde de savoir ce que nous aurons lorsque la transformation sera “terminée” – qu’est-ce qui sera alors concrètement différent dans notre organisation – est fondamentale.

Les souhaits du conseil d'administration / de la direction

La situation

Dans les petites entreprises, je rencontre parfois ce type de “fausse” transformation. Elle consiste souvent en des concepts appris par les fondateurs et il manque une conviction profonde pour changer réellement quelque chose. Le lâcher-prise est un problème majeur dans ce cas. Après tout, il s’agit de “mon bébé”.

Image générée par l’intelligence artificielle (prompt correspondant dans Midjourney : femme fondatrice, conviction, pourquoi ?, découpage de papier, — 16:9)

Conseils

  • Prenez clairement conscience de la raison pour laquelle la transformation est une question pour vous et votre entreprise. Voyez-vous les opportunités d’un tel changement ou s’agit-il plutôt de faire partie de quelque chose, puisque tout le monde veut devenir plus “agile” d’une manière ou d’une autre ?
  • La croissance accroît la pression sur la capacité d’adaptation. Au fond, les transformations d’aujourd’hui concernent la capacité d’adaptation de l’organisation. C’est l’objectif principal : être capable de s’adapter plus rapidement aux nombreux changements. En tant que petite organisation, ce n’est peut-être pas encore une priorité, mais au fur et à mesure que vous grandissez, cela devient un facteur de réussite. Comment permettre à l’organisation d’utiliser ses sens le plus largement possible (tous les employés ont 5-6 sens ;-)) et de s’adapter en permanence à de nouvelles circonstances ?
  • Traitez les questions de succession suffisamment tôt et ne pensez pas seulement à une succession 1:1. Le partage de l’autorité est peut-être une excellente occasion de remettre l’entreprise entre les mains des générations suivantes ? D’ailleurs, cette perspective est également très appropriée pour adresser le sujet des ” souhaits du conseil d’administration / de la direction”.

Grandes entreprises / corporations : La transformation comme une tâche à accomplir.

La situation

Je rencontre souvent ce type de “fausse” transformation dans les grandes entreprises.

Tout le monde se transforme, donc nous nous transformons aussi. Il s’agit plus ou moins d’une check-list ou d’une tâche à accomplir, et en tant que dirigeant, je dois également m’y atteler. On dira alors : “nous sommes désormais transformés”. Les collaborateurs se demandent pourtant souvent à ce moment-là “mais qu’est-ce qui est vraiment différent ?”.

Cela implique souvent l’utilisation d’un grand nombre de nouvelles terminologies et les déclarations génériques telles que “nous travaillons selon le modèle Spotify” ne sont pas rares. Souvent, il s’agit plutôt d’une “nouvelle façon de formuler”, qui en fait ne fonctionne pas.

Une nouvelle façon de formuler, au lieu d’une nouvelle façon de travailler.

Malheureusement, ces termes sont également compris de manière arbitraire et donc utilisés différemment partout. “Nous avons aussi des leaders de “chapters” ou “groupes d’expertise”. Et si l’on y regarde de plus près, d’autres équipes/départements/domaines/divisions ont également des “chapters leads” – mais de nature complètement différente.

Image générée par l’IA (prompt entré dans Midjourney : grandes entreprises, check-list, nouvelle façon de faire, cinéma — 16:9)

Ou encore “nous travaillons aussi avec des rôles”, alors qu’en y regardant de plus près, on s’aperçoit que “rôle” n’est qu’un mot moderne pour “poste”. De même, l’idée que les rôles doivent décrire le travail n’est pas comprise, mais de nouvelles délimitations/positions de pouvoir sont construites avec eux.

En raison de la diversité, je suis confronté à de nombreuses transformations à petite échelle, qui n’ont toutefois que peu de choses en commun et impliquent beaucoup d’efforts pour chaque équipe/département/domaine/division. Et ce qui est encore pire, c’est que cela tend à créer une frontière – une compétition mutuelle sur le thème “qui fait la meilleure transformation ?”

Souvent, il s’agit d’une compétition pour savoir qui peut réaliser la “meilleure” transformation.

Ces différentes transformations sont alors également mises en concurrence, c’est-à-dire qu’il faut beaucoup de temps pour convaincre “les autres” de la “bonne” façon de faire. Cela représente beaucoup d’efforts et de théâtralisation ; les pauvres collaborateurs concernés sont encore moins capables de collaborer correctement au-delà des limites de leurs entités parce qu’ils travaillent tous différemment.

Conseils

  • ils Définissez une terminologie commune (glossaire) et des règles communes. Celles-ci s’appliqueront ensuite à toutes les équipes/départements/domaines/divisions. Les détails peuvent ensuite être développés de manière décentralisée et spécifique, mais la base, la logique, le système sont les mêmes.
  • Ne vous contentez pas d’adopter des concepts organisationnels, mais étudiez de manière intensive les idées qui les sous-tendent. Il sera utile de former une équipe de transformation qui examinera de plus près les différents concepts et prendra ensuite une décision. Cela nécessitera beaucoup de temps (et de nerfs ;-)), mais cela en vaudra la peine, car vous aurez alors créé une base, un référentiel communs.
  • Remettez en question de manière critique les rôles éventuellement déjà créés. Avons-nous une compréhension commune du terme “rôle” et de ce qui le différencie des “postes” connus ? Dans un véritable management par les rôles, il n’est plus possible de tout délimiter. L’accent est mis sur la réalisation de la raison d’être, l’atteinte des objectifs et résultats clés, non sur l’élimination des chevauchements possibles (ou, disons-le, redoutés).

Il est impossible d’avoir des équipes décentralisées, agiles et rapides tout en évitant les chevauchements d’activités.

  • Ne considérez pas l’organisation comme une machine contrôlée de manière centralisée. Les organisations sont des systèmes vivants et non des machines – elles ne peuvent donc pas être contrôlées/gérées de manière centralisée. Les organisations peuvent très bien être dirigées, par exemple, par une raison d’être, des objectifs et des stratégies, mais il appartient à chaque équipe/département/domaine/division de les façonner et de les faire évoluer.
  • Le respect des lois, des normes, des mandats, etc. n’est pas contradictoire avec l’autonomie et l’agilité. Diverses organisations ont déjà montré qu’il était possible de les combiner sans problème. L’absence de coercition n’est pas synonyme de disparition de l’effort. Il faut des idées créatives pour utiliser efficacement les concepts modernes d’une part et pour maintenir la cohésion de l’entreprise d’autre part. Il convient également de se demander si les concepts d’entreprise souvent “anciens” (par exemple sous la forme de processus/systèmes informatiques rigides) sont encore adaptés au monde du travail d’aujourd’hui.

Où sont les entrepreneurs, les managers, les cadres et les membres des conseils d’administration qui sont prêts à procéder à de “véritables” transformations ? Pourquoi ? Tout simplement pour que les entreprises, les clients et les employés soient satisfaits et en pleine santé !

Lors de conversations avec des personnes qui souhaitent faire progresser leur organisation grâce à des concepts modernes, les mêmes schémas et les mêmes questions reviennent sans cesse. C’est pourquoi, au sein d’Unic, nous avons tenté de dresser la carte des étapes nécessaires dans les 8 étapes de la transformation moderne (en allemand uniquement). Bonne chance sur ce chemin très utile vers un nouveau monde du travail !

Image générée par l’IA (Prompt proposé à Midjourney : 8 étapes, Concepts courageux, Organisation, photo réaliste — 16:9)

PS : Qu’en est-il des images générées par l’IA ?

Tout d’abord, je trouve que c’est un excellent moyen de rendre les articles plus attrayants sur le plan visuel et de jouer avec une nouvelle forme de créativité. Dans cet objectif, j’ai essayé de montrer différents styles. C’est fascinant de croiser des créations et de styles :-).

Secundo, je suis, outre les sujets organisationnels, très impliqué dans les nouvelles technologies – actuellement, le focus est fort sur l’intelligence artificielle – et leur relation avec le nouveau monde du travail et ce que cela signifie pour notre collaboration. Une dimension complètement nouvelle est en train de s’ouvrir. Cela s’annonce passionnant !